Une petite pointe de nostalgie me pousse à écrire au lecteur du hasard. Mes mots s'échouent ce soir sur cette page par défaut puisque personne ne m'entend, les pensées du passé m'envahissent et je suis seule à crever dans ce deux pièces surchauffé.
Je revois le chemin parcouru, je relis mes écrits. Un an, deux ou trois se sont passés et je me sens toute autre. Je n'écris plus, jamais, et je me demande soudainement pourquoi je ne ressens plus ce besoin pressant de coucher mes sentiments sur le papier ou par le clavier. Le bonheur a-t-il ravi mes pulsions littéraires, loin du temps où les pensées se bousculaient dans ma tête et formaient rapidement un texte parfois bordélique pour exprimer le tout. Ou peut être ai-je tout simplement perdu l'inspiration, la pudeur me freine-t-elle ?
On dit souvent que l'adolescence est un moment privilégié de la vie pour s'exprimer par l'écrit. Rien ne nous retient, et rien ne me retenait alors. Pas même la pensée d'exposer ma vie, parfois très privée, à ces lecteurs du hasard. Ni même l'idée que ces écrits étaient peut être très brouillons, très mauvais, ou que sais-je encore. Je retranscrivais mes sentiments bruts, sans retoucher un seul mot de ce qui jaillissait en premier, et sans penser au qu'en dira-t-on, aux critiques et aux aigris. Parce qu'après tout ça me passait au dessus, et personne n'aurait pu violer mon exutoire.
On dirait toujours que plus tard on porte un regard trop critique pour oser formuler et
rendre public ce que l'on pense, du moins sans l'entourer de rondeurs ou de politesses au préalable. Trop égocentrique, trop exhibitionniste, trop malsaine est la pensée brute. La vingtaine à
peine entamée, je me sens déjà trop avancée et trop engoncée pour continuer ou reprendre ce processus qui m'était presque naturel, bien que cela me manque parfois, souvent, cruellement. Quand j'y
pense et je me dis qu'après tout rien ne m'empêche d'ouvrir une page blanche, là, tout de suite, maintenant, alors j'ouvre cette page blanche pleine de défi envers moi-même. Mais rien ne vient,
la page reste vierge ou se couvre de quelques lignes que j'efface au plus vite, déçue de ce qui sort.
C'est la panne.
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Au plaisir de te relire par ici :-)
Je suivais déjà tes récits bloguesques à l'époque de lullaby-stuff, si mes souvenirs sont bons, il y en avait même un avant celui-ci que je suivais aussi... Enfin bref, tout ca pour dire que je ne mens pas, je suis vraiment une des plus fidèles et j'adoooOOoore...